Voila un mois, mais toujours d'actualité
Un mois. Déjà ? Oui, un mois.
Que d'évènements en un petit mois dans le Blaisois ! Nous pouvons nous vanter d'être une bonne région touristique, mais les habitants bougent tout autant.
Les visites sur ce journal ont dépassé les 500 depuis peu. Nous avons une moyenne générale de 5 à 6 visiteurs par jour. C'est plutôt un bon score, pour un mouvement hétéroclite sans représentation.
Il y a toutefois une ombre sur le tableau : nous trouvons dommage que nos affiches soient arrachées dans les 24h suivant leur pose.
Qu'elles soient supprimées des vitrines des magasins fermés et vides, nous pouvons le comprendre. Mais qu'elles le soient des panneaux d'affichage prévus à cet effet qui ne sont recouverts que d'anciennes affiches électorales déchirées aux couleurs d'un maire sortant, nous en restons abasourdi. Quelle en est la raison ? Veut-on nous faire taire ? On alors trouve-t-on que nous abusions de cet espace laissé vierge ?
Que de questions. Mais bafouer de cette façon la libre expression de militants non violents, c'est tout de même fort ! C'est à croire que la vérité dérange...
C'est pourquoi nous appelons celles et ceux qui détruisent nos affiches à laisser une feuille de réponse au lieu d'affichage, afin de lancer le débat. Rester muet, c'est nous empêcher de vous expliquer nos positions.
Les municipales nous ont offert un maire de gauche. Mais les stickers J'aime Blois sont tenaces, et bien souvent l'arrachage est difficile. Alors quelques piétons ont eu l'idée originale de rajouter en dessous moi aussi. Du coup, plusieurs Contestataires Révolutionnaires parmi les plus jeunes s'amusent à les imiter, personnalisant les petits mots.
Nous aimerions aussi intervenir sur les manifestations qui se sont déroulées ces deux dernières semaines. Nous communiquons notre soutien aux mouvements lycéens et enseignants.
Ces mouvements ont, comme vous le savez, obtenu le soutien de monsieur Gricourt, tour de force souligné par leurs représentants du lycée Dessaignes.
Toutefois, nous aimerions apporter quelques précisions
Ce que monsieur Darcos, qui pourtant a été professeur, essaye d'imposer à l'Éducation n'est pas à prendre à la légère. Les membres de l'UNL 41 semblent ne pas le comprendre : l'action du ministre de l'Éducation Nationale a des conséquences bien plus large que la simple suppression de postes et de cours.
Certes, la suppression de 10 postes à Dessaignes, comme expliqué dans le tract distribué la semaine dernière sera effective, et entraînera des difficultés pour les professeurs à assurer les cours des professeurs partis en plus des leurs.
Certes, cela affectera les élèves, notamment ceux de secondes dont les cours ne seront plus « prioritaires ».
Certes, les professeurs principaux devront en plus s'essayer au métier de conseillers d'orientation, métier dont ils n'ont, pardonnez-nous, pas les qualifications.
Mais il faut élargir cette vision à plus long terme. Que se passera-t'il, après plusieurs années de ce régime ? Non seulement une disparition du métier véritable d'enseignant, mais aussi des conditions de travail trop austères pour assurer une formation décente aux jeunes générations. Des professeurs travaillant avec des classes de 50 élèves, voire plus, c'est cela l'avenir vu par monsieur Darcos. Ces 50 élèves ne pourront pas être suivis individuellement, auront plusieurs professeurs pour une même matière, et ne bénéficieront pas d'heures de soutien.
Cela entraînera la précision de l'apparition que nous voyons dès aujourd'hui : deux classes distinctes.
En effet, même de nos jours il existe ceux qui peuvent payer des études supérieures à leurs enfants, et ceux qui, malgré les aides de l'État, ne le peuvent pas.
Il y aura donc dans quelques années deux classes : l'une aura les moyens d'envoyer ses enfants en école privée afin qu'elle puisse faire ses années de collège et de lycée dans de bonnes conditions, tandis que l'autre devra envoyer ses enfants dans des classes bondées, avec des professeurs sans réelle formation.
En bref, cette libéralisation de l'école donnera sur un modèle anglais ou américain de l'éducation.
Cela aura plusieurs conséquences, qui découlent les unes des autres.
→ La première est la perte de valeur du baccalauréat donné dans le public.
→ La seconde, qui en découle, est l'apparition de formations offertes par les grandes industries (comme c'est le cas en Angleterre avec McDonalds) pour la simple raison que les futurs travailleurs ne seront pas correctement formés par l'État.
→ La troisième, est l'arrivée d'un élitisme décomplexé. Depuis presque quarante ans, l'élite française était intellectuelle. Maintenant, elle sera avant tout liée à l'argent : seuls les plus fortunés pourront s'offrir l'éducation. Cet élitisme est déjà en marche : combien de jeunes sont bilingues dès la plus petite enfance avec des parents ne gagnant même pas le SMIC ?
→ La dernière, enfin, est celle qui nous a décidé à vous écrire cet article. Il s'agit de l'abrutissement général de la population. Avec cette nouvelle éducation, les jeunes générations n'auront pas une culture française assez approfondie pour leur faire comprendre pleinement leur rôle de citoyen. En cela réside le plus grand danger : si les enfants sortent de l'école à 16 ans sans savoir ni compter ni écrire, sans assez de culture pour comprendre les dirigeants de leur nation, que se passera-t-il ?
C'est cet avenir qu'il faut combattre, lycéens. Le danger n'est pas l'année prochaine, ni l'année qui suivra. Il n'est pas au niveau régional. Il ne s'agit pas de la perte de quelques professeurs ou de quelques cours, comme nous l'entendons trop souvent. Il s'agit de l'avenir de la culture et de la France.
Nous, Contestataires Révolutionnaires à votre Service, protégeons la culture du mieux que nous le pouvons. Il s'agit d'un bien précieux qui dépasse la politique. En voulant protéger cette culture, notre position est clairement du côté des lycéens qui souhaitent protéger leurs professeurs.
Dernier message à l'adresse de ces lycéens : évitez les autocollants LCR sur vos mégaphones, cela donne bien trop de pouvoir aux médias pour déstabiliser votre mouvement. Bonne chance tout de même.